Il est 4 heures, le marché de Riom s'éveille...

« Ce n’est pas un métier pour les lève-tard ! » Chaque samedi, les commerçants investissent avant le lever du soleil la halle de Riom, dans l’attente des premiers clients.

5 heures. À cette heure matinale, on pourrait croire la halle de la cité de Saint-Amable endormie, bercée par les pépiements des oiseaux noctambules. Mais il n’en est rien. Devant les portes grandes ouvertes de l’édifice, une flopée de commerçants s’activent. Maraîchers, poissonniers, fromagers, munis de diables ou de chariots, tous vident leurs camionnettes des centaines de produits qu’ils amènent chaque samedi. Les allers-retours sont multiples.

Près de 85 étals à installer

Pour certaines professions, le temps est compté. C’est notamment le cas de Thierry Martinez, poissonnier. « Il faut tout d’abord que je ramène environ 240 kg de glace. Ensuite seulement, je peux aller à mon entrepôt chercher mes produits pour les disposer. »
Yves Benard, producteur de pommes, vient quant à lui de loin pour vendre ses fruits. Plus précisément, près de Bourges, dans le Berry. « Cela fait 20 ans que je viens ici donc je suis plutôt habitué à la distance. Mais pour être à l’heure et avoir le temps de monter mon étal, je dois me lever à 3 h 15 du matin », explique le producteur. « C’est sûr que ce n’est pas un métier pour les lève-tard ! », s’amuse-t-il.

Pourtant, même en se levant si tôt, Yves est loin d’être le premier arrivé à la halle. La première, c’est Colette. « Il a été décidé il y a déjà de nombreuses années que c’est moi qui ouvrirais les portes de l’édifice le samedi. Je ne sais même plus pourquoi. C’est pour cela que j’arrive dès 4 heures du matin. Je peux voir la halle se remplir petit à petit », raconte la maraîchère. Selon elle, environ 85 commerçants sont présents chaque samedi au marché de Riom.

Les premiers clients arrivent... avant l'ouverture !

Alors que l’horloge tourne, les stands prennent forme. Petit à petit, la halle se remplit et prend vie. Si l’édifice est officiellement ouvert au public à partir de 7 heures du matin, très vite, les premiers clients arrivent. Et ce, avant même que les commerçants aient fini de s’installer. C’est le cas de Laurent, sapeur-pompier de profession, qui vient systématiquement au marché avant ou après ses tours de garde. Mais toujours aux mêmes horaires. « J’ai mes petites habitudes, je fais un tour au marché entre 6 h 30 et 7 h 15. J’apprécie car c’est encore calme tout en ayant la chance de sélectionner ce que je considère comme les plus beaux produits. Après ces horaires, il commence à y avoir trop de monde et ce n’est plus vraiment “mon” marché », sourit le pompier, alors qu’il dépose des carottes dans son panier.

Ces clients lève-tôt, les commerçants les connaissent tous pour la plupart. « Ce sont des habitués qui aiment profiter de la faible fréquentation matinale pour discuter avec nous. On sait qu’on les verra chaque semaine. À l’inverse, je pense que l’on commencerait à s’inquiéter si on ne les voyait pas plusieurs semaines de suite », s’amuse Gilles Rousseau qui, avec 37 ans de vente au marché de Riom, fait partie des plus anciens commerçants.

Des clients et commerçants fidèles

Des clients et commerçants avec leurs habitudes, pour le meilleur… Et pour le pire ! « Un jour, j’avais 15 minutes de retard pour mon installation. Des clients attendaient déjà à l’endroit où je suis habituellement et me questionnaient sur ma potentielle panne de réveil. Je ne me suis pas laissée marcher sur les pieds », évoque, pince-sans-rire, Chantal Mestas, productrice de fromages & produits laitiers à Bourg-Lastic.

Alors que le soleil se lève doucement sur la place de la Fédération de Riom, les commerçants du marché extérieur arrivent également au compte-gouttes. Pour tous, les affaires ne font que commencer. Ils seront présents à Riom jusque 12 h 30 – et un peu plus, le temps de ranger les étals –, heure à laquelle la halle ferme ses portes. Avant une sieste méritée.